Trump, le Vénézuéla et la souveraineté numérique
Les États Unis de Trump ont kidnappé le président du Vénézuéla. Ce faisant, les États Unis se sont assis sur le droit international. Vu qu’ici on parle “Numérique et politique”, tirons en les conséquences. Ou plutôt non, sur ce coup là je laisse la parole à Authueil, un blogueur politique qu’on peut difficilement soupçonner d’être un grand libriste ou un alter, qui dit pourtant ceci :
Les histoires de « souveraineté numérique » et de lutte « anti-Gafam », qui jusqu’ici me faisaient surtout rire, prennent un autre visage. (…) Travailler avec les entreprises américaines du Cloud est une évidence pour beaucoup d’acteurs économiques, tellement leur avance technologique est forte. Aucun acteur technologique européen n’est au niveau, et refuser de recourir aux services des AWS, Microsoft et Google, c’est flinguer sa compétitivité économique, pour des craintes jusqu’ici largement chimériques. Aujourd’hui, c’est beaucoup moins évident, car la question n’est même plus la capacité du gouvernement américain d’accéder à nos données, mais sa capacité à nous couper purement et simplement l’accès à ces services. Même si les GAFAM ne souhaitent pas se comporter ainsi, leurs dirigeants n’auront pas le choix. Ils auront des ordres, et Trump leur offrira des compensations économiques.
Utiliser les services de Microsoft, Google ou Amazon comporte désormais un risque réel et tout DSI digne de ce nom devrait immédiatement plancher à un plan B et à la mise en œuvre des solutions alternatives. Il y en a : Proton, Nextcloud, Scaleway, OVHcloud, Hetzner, Clever Cloud, pour ne citer que les plus connues.
Cela représente même une chance pour les entreprises européennes. L’idée selon laquelle “aucun acteur technologique européen n’est au niveau“ me semble fausse ou en tout cas faussée par le fait qu’aujourd’hui, la majorité des entreprises ayant un besoin en cloud se tourne en priorité vers les AWS, Google Cloud & co, délaissant d’autres offres performantes disponibles chez leurs concurrents européens. Dès lors, ces derniers n’ont alors pas la nécessité – faute de demande – de fournir un service aussi performant qu’un AWS. La fonction créant le besoin, si des entreprises européennes sont sollicitées par une foule de client fuyant les Gafam, il y a de fortes chances que celles-ci rattrapent leur retard, réel ou supposé.