Barbablog

Numérique et politique. J'écris bien ce que je veux.

Ce blog est « propulsé » par WordPress depuis 2006. À l’époque, WordPress était l’un des moteurs de publication les plus prometteurs et les blogs représentaient l’avenir du web. Mais ça, c'était avant.

Les blogs, c’est l’avenir (quelqu’un en 2006)

A new hope

A new hope

Au début des années 2000, beaucoup de jeunes CSP+ travaillant dans le web rêvaient du Grand Jour où tout le monde aurait son propre blog. Chacun se serait aurait exprimé librement sur son journal en ligne, et tout le monde aurait eu la possibilité de répondre dans les commentaires, ou mieux, par blogs interposés, le tout créant une gigantesque conversation en ligne indexée à coup de web sémantique et de microformats.

C’était le temps du fameux « les blogs démarrent des conversations » répété à l’envie par le blogueur entrepreneur de droite Loïc Lemeur, aujourd’hui tombé dans le même oubli que son slogan. C’était l’utopie d’un web décentralisé.

The Empire Strikes Back

Facebook a mis fin à cette utopie. Créé en 2004, le réseau social a balayé en quelques années tous ses concurrents grâce à un système de publication ultra simple. Tout ce dont on avait besoin pour s’exprimer en ligne, c’était une adresse mail. Une fois son compte Facebook créé, on pouvait s’adresser à une large audience sans avoir à fouiller dans un annuaire de blogs ou un moteur de recherche. Les conversations sont devenues des statuts et les commentaires des likes. Facebook nous apportait des contenus, des amis et une audience sans avoir à faire le moindre effort. La promesse de Facebook était alors « même si tu n’as rien à dire, tout le monde peut t’entendre ».

Avec 2,1 milliards de comptes Facebook est aujourd’hui le réseau social comptant le plus grand nombre d’utilisateurs. Cette succes story est représentative de l’évolution du web ces 20 dernières années : une hyper centralisation au profit de quelques grandes sociétés privées, GAFAM en occident, BATX en Chine. Pour comprendre l'ampleur de ce phénomène, il faut réaliser qu'en 2019 Google et Facebook possédaient 8 des 10 services les plus utilisés sur Internet (Facebook, Whatsapp, Gmail, Instagram, Google, Chrome, YouTube, Google Maps) et 70% du trafic mondial transitait par leurs serveurs.

Il semblerait que malgré problèmes liés à cette hyper centralisation, modèle économique nauséabond, violation de la vie privée, atteintes à la démocratie, désinformation, les Facebook, Google & co soient là pour durer. La promesse originelle du web, un individu, une page, une adresse, semble morte et enterrée depuis la fin des blogs.

Return Of The Jedi

Mais il y a de l’espoir. Il y a bien sûr les réseaux sociaux alternatifs, type diaspora, ello, gnunet, mastodon, peertube. Cependant, ces alternatives ne sont que des îlots séparés les uns des autres qui n’atteindront jamais le nombre d'utilisateurs d'un Facebook.

C’est pour cette raison que certains parmi ces services ont cherché à devenir interopérables et à pouvoir parler les uns avec les autres. Dès 2008, le réseau social libre identi.ca a créé un protocole de communication fédéré, OStatus. Celui-ci a été intégré par d’autres réseaux sociaux, Friendica et Hubzilla, eux aussi reposant sur des logiciels libres.

Il est important de préciser que toutes ces alternatives qui ont pour objectif commun de redonner la main aux citoyens sont toutes basées sur des logiciels libres, libre pas comme dans « c’est gratuit », mais libre comme dans liberté d’expression.

En 2018, tout s’accélère : le W3C présente le protocole ActivityPub, aussitôt adopté par le réseau Mastodon qui connaît un succès – sinon fracassant du moins honorable – comparé aux premiers réseaux sociaux alternatifs. Aujourd’hui, l’ensemble de ces services communiquent ensemble. Avec un compte Mastodon, je peux communiquer avec tous les utilisateurs de Friendica, hubzilla ou peertube. Précision importante : n’importe qui peut créer et héberger une instance Mastodon, hubzilla, Friendica ou Peertube puisque – encore une fois – ces services sont basés sur des logiciels libres.

Cet univers ouvert et fédéré est désigné par le mot valise « Fédiverse ». C’est selon moi le mouvement le plus enthousiasmant sur le web de ces 10 dernières années.

Tellement enthousiasmant que je lâche WordPress, dont je pensais pourtant en 2006 qu’il représentait l’avenir du web, pour WriteFreely, un outil de blog fédéré. Le logiciel n’en est qu’à sa version 0.12 mais les fonctionnalités de fédération sont déjà très prometteuses. Tout auteur utilisant WriteFreely se voit créé automatiquement un espace sur le fédiverse et chaque billet est publié automatiquement sur ce compte. Il est possible de mentionner n’importe quel utilisateur du fédiverse dans un article et d’entamer ainsi une conversation avec l’ensemble des utilisateurs de ce réseau de plateforme fédérées.

Ce ne sont que les débuts des plateformes de publication fédérées. On peut aller beaucoup plus loin et imaginer utiliser ces fonctionnalités de fédération de manière asynchrones pour palier à des problèmes de connectivité ou de censure.

Les blogs fédérés, c’est l’avenir (quelqu’un en 2018)

Existe-t-il une forme de doxxing ethique ? C'est la question posée par l'universitaire américaine Joan Donovan apres que quelques un de ses pairs ont lancé des enquêtes sur les réseaux sociaux sur les émeutiers du capitole.

These are technologies of surveillance, and so use of them by the public to turn crowds into cops seems to me to be a very dangerous impulse.

La question n'est pas simple. Le magazine en ligne protocol propose quelque éléments de réponse : Doxxing insurrectionists: Capitol riot divides online extremism researchers.

#osint #ethique

Non seulement la blockchain n'est pas l'avenir du web maiselle constitue une menace à sa décentralisation. C'est ce qu'affirme la fondation P2P.

Des coûts d'infrastructure discriminants

Selon la P2P fondation, Les coûts d'infrastructure énormes liés à la blockchain en font une technologie que seules les grosses structures peuvent adopter facilement, à l'opposé des petits hébergeurs ou même des particuliers. C'est une contrainte énorme qui va à l'encontre de la logique d'une architecture décentralisée qui doit prendre en compte la diversité des acteurs, de l'internaute auto hébergé dans son coin jusqu'au gros et gras Google.

À titre d'exemple, pour lancer et installer l'application de microbloging Twister, une application décentralisée reposant sur une blockchain, il faut pas moins de 30 minutes. C'est le temps nécessaire à la réplication initiale de la twister chain (la blockchain utilisée par twister, les développeurs ont parfois un déficit grave d'imagination) qui pèse déjà 65 Go malgré le côté encore confidentiel de l'application et son faible nombre d'utilisateurs . On voit immédiatement les limites de ce type de protocole dès lors qu'il sera question de passage à l'échelle. Et même en l'état, 65 go, pour un particulier c'est presque la moitié d'un disque dur. Pour une application. De microbloging.

Des alternative prometteuses

Si la blockchain n'est pas la technologie miracle, sommes-nous condamnés à utiliser les services des gros et gras Google, Facebook & co et à leur abandonner nos données, nos messages et nos amis ?

Heureusement non. Selon la P2P fondation l'avenir du web décentralisé repose sur des services tels que GNU social, Friendica, Hubzilla, Diaspora ainsi que et surtout sur tous les efforts déployés autour de protocoles de publication fédérés tel que Activity pub. Ce sera d'ailleurs l'objet d'un prochain billet avec des exemples pratiques.

L'article de la Peer2Peer fondation en VO : The blockchain is a threat to the distributed future of the Internet

La distribution du vaccin contre le COVID 19 en Floride constitue un parfait exemple de solutionnisme technique complètement pété.

Le département de santé de l'Etat de Floride a passé un partenariat avec Eventbrite, un service destiné à l'origine pour vendre des tickets de spectacle en ligne ou pour organiser des meetups, est utilisé pour la prise de rendez-vous pour les vaccinations.

Premier problème : les foyers les plus pauvres n'ont pas ou peu accès à Internet et ne peuvent donc pas utiliser facilement ce service. Ceux qui sont le plus exposés au COVID 19 se voient privés de la possibilité de se faire vacciner.

Deuxième problème : les publics prioritaires pour la vaccination, les plus de 65 ans, ne sont pas habitués à utiliser des services en ligne. L'utilisation d'une plateforme telle qu'Eventbrite les pénalise une deuxième fois.

#echec #solutionnisme #covid19

“Le problème avec la liberté d'expression c'est qu'elle est plus souvent utilisée par les cons que par les autres.”

#aphorisme #reseauxsociaux #twitter

Nouvelle bourde de notre imbécile de Ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui relaie et instrumentalise une fausse information sur twitter.

À Belfort, un jeune homme agressé parce qu’il aurait fêté Noël et ne serait pas un «bon arabe». Circonstance «aggravante» : être fils de policiers. La justice a ouvert une enquête. Pas de place pour le séparatisme dans notre pays, pas de place pour le racisme d’où qu’il vienne. Gérald Darmanin, Ministre de l'Intérieur

Cette fausse information, de nature à troubler l'ordre public, tombe sous le coup de la loi du 22 novembre 2018 “relative à la lutte contre la désinformation”, élaborée et votée par la famille politique de Gérald Darmanin deux ans plus tôt.

Pour en savoir plus sur cette énième bourde, jetez un œil chez médiapart Tabassé «pour avoir fêté Noël»: itinéraire d’une «fake news»

#politique #darmanin #fakenews #twitter

Normandie, dehors, 2°, barbecue.

Grillades

#photo, #grillades

YouTube m'affiche des publicités pour complémentaires santé de vieux avec comme délicieux slogan : “Je ne suis pas senior, je suis Françoise”.

Youtube me considère donc comme comme un vieux. Ce qui est très vexant car j’ai encore plus de 20 ans à travailler avant de bénéficier d’une retraite inexistante.