Barbablog

Numérique et politique

Je ne suis pas devenu infréquentable, mais Pierre Garbownik oui. C’est ce qu’il raconte sur Facebook (le boomer !) dans un long post repris par le Huffington Post en expliquant comment il est devenu petit à petit le casseur d’ambiance en soirée à toujours la ramener avec ses préoccupations écolos reloues. Spoiler alert : ses préoccupations ne sont pas reloues.

Pierre Garbownik raconte simplement les lâchetés quotidiennes auxquels on est tous confronté·es dès qu’on parle d’environnement et de préservation de la planète. Car oui, nous les gens biens qui pouvons se payer des billets d’avion, on est tous et toutes pour préserver l’environnement parce qu’on sait que l’humanité se dirige droit dans un mur, mais si ça nous empêche de passer nos prochaines vacances à Punta Cabana, on se dit que le mur n’arrive est encore assez loin et qu’on a encore un peu de temps avant la catastrophe. Spoiler alert : non. Et à lire son témoignage, j’ai furieusement envie d’être le prochain casseur d’ambiance en soirée.

À lire : D’écoresponsable, je suis passé à infréquentable

#ecologie #ouicespasdunumeriqueetalorstuvasfairequoi

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En ce premier novembre, on va parler de morts ou plutôt de futurs morts. Selon le journaliste et auteur Cory Doctorow, Facebook, Twitter et toutes les plateformes de réseau sociaux mainstream sont mourantes et ne doivent leur survie qu’à notre propre dépendance.

Dans How to Leave Dying Social Media Platforms, Cory Doctorow explique que le seul et unique ressort qui permet aujourd’hui aux Facebook, Twitter and co de se maintenir en vie est la prise en otage de nous-même et de nos proches :

Le problème avec les réseaux sociaux, c'est qu'ils utilisent notre présence comme appât pour attirer nos amis et vice-versa, et maintenant ils ne nous laisseront pas partir sans nous faire payer le prix fort pour notre déloyauté

The problem with social media is that they used our presence as bait to lure in our friends and vice-versa and now they won’t let us go without extracting as high a price as possible for our disloyalty.

Une raison de plus de considérer que le Fediverse représente l'avenir des interactions en ligne. En effet, s'il est une caractéristique que partagent toutes les plateformes du Fediverse c'est l'interopérabilité. Non seulement vous pouvez suivre quelqu'un sur une instance Pleroma depuis votre compte Mastodon mais vous pouvez également si vous le souhaitez déménager de votre actuelle instance Mastodon vers une autre instance, voire un autre service en emportant avec vous non seulement tous vos contenus mais aussi toutes vos relations.

Aux États-Unis le Access Act a justement pour but d’imposer l’interopérabilité à toutes les plateformes. En Europe, même si on n’en est pas encore là, c’est dans l’ère du temps avec le Digital Market Act qui intègre des dispositions visant à imposer l’interopérabilité entre plateformes, avec cette nuance cependant qu’elles ne concernent pour l’instant que les messageries chiffrées.

Facebook et Twitter morts, ce n’est plus vraiment de la science fiction. Alors bonne fête des morts Facebook, Twitter & co.

#Fediverse #Twitter #Facebook #Mastodon #Pleroma #AccesAct #DMA

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La chasse aux Fakenews, que ce soit à coup de labellisation ou de loi est vouée à l'échec. Le problème principal n’est pas les Fakenews mais leur véhicule.

Lutter contre les fakenews, un énorme FAIL

Beaucoup de choses ont déjà été tentées pour lutter contre les Fakenews, sans succès. L'étiquetage des contenus des plateformes a plutôt tendance à renforcer les logiques complotistes. Ainsi, Facebook Meta lui même a établi que le marquage des Fakenews produit plus de défiance qu'autre chose. De même, la Journalist Trust Initiative, un projet porté par Reporters Sans Frontières, l'AFP et le Global Editors Network, dont l'objectif est de créer des normes sur la transparence et la fabrication de l'information pour in fine labelliser des médias, est lui aussi voué à l'échec. Tout comme la loi de 2018 contre les fausses informations qui a réussi l'exploit d’être non seulement inefficace mais aussi dangereuse ainsi que l’explique Olivier Ertzscheid dans son article Fifty Shades of Fake. Le jour des fous et des mensonges. Et les 364 autres :

Ce que nous savons de l'actuel projet de loi, (…) va mettre un gouvernement en situation de museler des organes de presse en temps d'élection dans ce qui reste quand même, ne leur en déplaise, une putain de démocratie. En l'état de ce qu'on connaît du projet de loi, Sarkozy pourrait saisir un juge des référés pour empêcher les révélations de Mediapart sur le financement de sa campagne (par exemple hein...). Ou plus récemment François Fillon aurait pu étouffer pépouze l'affaire Pénélope au même motif de Fake News en temps d'élection (par exemple toujours hein...).

Oui mais, qu'est-ce qu'on fait ?

Ni la Journalist Trust Initiative ni la loi anti fakenews ne s'attaquent à la racine du problème. Les fakenews appelées en d’autres temps propagande, rumeurs, désinformation, ou hoax, ont toujours existées. Ce qui change avec Internet, ce n’est pas leur nature mais leur mode de diffusion.

Le problème réside dans les architectures même des  plateformes des Gafam qui par leur centralisation et leur modèle économique favorisent la diffusion virale des fausses informations. Plus de clics, que ce soit sur des vraies ou de fausses informations, au final pour Facebook et consorts, c’est toujours plus d’infos sur leurs utilisateurs. Et c’est de ça dont vivent toutes les plateformes : les données de leurs utilisateurs.

Plutôt que de légiférer, d'interdire ou de créer un label “info certifiée”, Olivier Ertzscheid propose une stratégie en trois actes :

  1. lutter contre l'architecture viciées des plateformes qui vivent de la diffusion des fakenews,

  2. lutter contre la surveillance et l'accumulation de données personnelles comme modèle économique, également appelé capitalisme de surveillance,

  3. investir massivement dans l'éducation.

Plus globalement ce qui est en cause ici c'est l'explosion circonstancielle ou délibérée de nos cadres collectifs d'énonciation, d'éducation et d'entendement. Et des repères mémoriels qu'ils contribuent à construire, à préserver et à expliciter. Et à ce titre lutter contre les architectures techniques toxiques doit être une priorité. Une priorité absolue. En profiter pour lutter pied à pied contre chaque nouvelle avancée du capitalisme de la surveillance doit en être une autre. Et plus que tout, par-dessus et au-delà de tout, il nous faut investir massivement dans l'éducation. La mémoire collective construite par l'éducation comme rempart aux contre-vérités individuelles instruites par des logiques marchandes se déployant au sein d'architectures techniques toxiques. Le combat est celui-là. Et aucun autre.

À lire : affordance.info: Fifty Shades of Fake. Le jour des fous et des mensonges. Et les 364 autres.

#CapitalismeDeSurveillance #Facebook #Meta #Gafam #Fakenews

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OK le retour des fascistes en Italie, la guerre en Ukraine, l'inflation et le réchauffement climatique partout dans le monde. MAIS les gens – de plus en plus nombreux – qui disent « belle journée » et son pendant tardif « belle soirée », ON EN PARLE ?

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C’est la rentrée.

#Rentrée #Politique #KarlMarx

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En savoir plus...

Le Monde a retiré de son site une tribune de Max Morin sur le voyage du président Micron en Algérie. Non seulement la tribune a été retirée mais Le Monde a en plus présenté « ses excuses à ses lectrices et lecteurs ainsi qu’au président de la République ».

Les excuses du Monde

Qu’un journal retire un article ou le modifie pour y ajouter un erratum, c’est courant. Qu’il retire un tribune validée par la rédaction, une erreur en interne, un problème de communication, c’est la fin de l’été Michel était pas rentré il a pas pu valider, ça peut à la limite arriver. Mais qu’un journal présente ses excuses à « ses lectrices et lecteurs ainsi qu’au président de la République », on croit rêver.

Depuis quand faut-il créer une catégorie spéciale pour le président de la République ? Depuis quand celui-ci est-il devenu autre chose qu’un simple lecteur ou qu’une simple lectrice ? Depuis quand faut-il s’excuser auprès de lui quand une tribune égratigne un discours de politique étrangère ? Depuis quand un journal présente-t-il ses excuses au président de la République ?

Le Monde est tombé sur la tête.

Édit du 02/09/2022 21h00 : selon Checknews la tribune de Max Morin a bel et bien été censurée suite aux pressions de l'Élysée. Par ailleurs le redac’ chef adjoint en charge des pages idées-débat est bel et bien un pleutre puisque « Sollicité par CheckNews, le rédacteur en chef adjoint des pages idées-débats au Monde, qui a relu et traité le texte du chercheur (selon Paul Max Morin) n’a pas répondu à nos demandes ».

#LeMonde #Tribune #journalisme #Politique #Influence

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Sculpture de Bruce Nauman.

Sculpture d'eau

#photo #sculpture #carmignac #cheveuxderiche

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L’été.

L'été un instant tanné

#Arles #Été #photo

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