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    <title>Vautours &amp;mdash; Byl</title>
    <link>https://blog.byl.fr/tag:Vautours</link>
    <description>Numérique et politique</description>
    <pubDate>Tue, 18 Aug 2026 10:21:12 +0000</pubDate>
    <item>
      <title>Facebook ou la monétisation du désespoir et de l&#39;insécurité</title>
      <link>https://blog.byl.fr/facebook-ou-la-monetisation-du-desespoir-et-de-linsecurite</link>
      <description>&lt;![CDATA[Dernière révélation sur Facebook : l’application de Méta a exploité pendant des années le mal être des jeunes adolescent·es. &#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Sarah Wynn-Williams a travaillé chez Facebook de 2011 à 2017  au poste de directrice des politiques publiques. Dans son livre intitulé &#34;Careless People&#34;, on apprend jusqu’à quel point la firme a versé (et verse toujours probablement, on ne change pas une équipe qui gagne) dans le vice. Elle y révèle que la société avait  développé un un argumentaire commercial pour ses annonceurs dans lequel elle se vantait de pouvoir exploiter des &#34;moments de vulnérabilité psychologique&#34; chez ses utilisateurs en ciblant des termes tels que &#34;sans valeur&#34;, &#34;peu sûr de soi&#34;, &#34;stressé&#34;, &#34;vaincu&#34;, &#34;anxieux&#34;, &#34;stupide&#34;, &#34;inutile&#34; et &#34;comme un raté&#34;. L’exemple le plus parlant de cette politique vicieuse réside dans la possibilité de pousser des publicités pour des produits de beauté aux jeunes filles entre 13 et 17 ans qui supprimaient des selfies de leur compte.&#xA;&#xA;À l’époque, lorsque Sarah Wynn-Williams fait remarquer à ses responsables que ces pratiques sont à la limite de l’éthique, elle se voit répondre :  &#34;C&#39;est le business, Sarah. Nous en sommes fiers (...) On le crie sur tous les toits. C&#39;est ce qui nous permet de gagner de l&#39;argent&#34;.&#xA;&#xA;C’est ça le capitalisme de surveillance : la monétisation du désespoir et de l&#39;insécurité.&#xA;&#xA;L’article complet est à lite (en anglais) sur Futurism: Facebook Allegedly Detected When Teen Girls Deleted Selfies So It Could Serve Them Beauty Ads.&#xA;&#xA;#Facebook #Vautours #CapitalismeDeSurveillance #Surveillance #Gafam]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Dernière révélation sur Facebook : l’application de Méta a exploité pendant des années le mal être des jeunes adolescent·es.</p>



<p>Sarah Wynn-Williams a travaillé chez Facebook de 2011 à 2017  au poste de directrice des politiques publiques. Dans son livre intitulé “Careless People”, on apprend jusqu’à quel point la firme a versé (et verse toujours probablement, on ne change pas une équipe qui gagne) dans le vice. Elle y révèle que la société avait  développé un un argumentaire commercial pour ses annonceurs dans lequel elle se vantait de pouvoir exploiter des “moments de vulnérabilité psychologique” chez ses utilisateurs en ciblant des termes tels que “sans valeur”, “peu sûr de soi”, “stressé”, “vaincu”, “anxieux”, “stupide”, “inutile” et “comme un raté”. L’exemple le plus parlant de cette politique vicieuse réside dans la possibilité de pousser des publicités pour des produits de beauté aux jeunes filles entre 13 et 17 ans qui supprimaient des selfies de leur compte.</p>

<p>À l’époque, lorsque Sarah Wynn-Williams fait remarquer à ses responsables que ces pratiques sont à la limite de l’éthique, elle se voit répondre :  “C&#39;est le business, Sarah. Nous en sommes fiers (...) On le crie sur tous les toits. C&#39;est ce qui nous permet de gagner de l&#39;argent”.</p>

<p>C’est ça le capitalisme de surveillance : la monétisation du désespoir et de l&#39;insécurité.</p>

<p>L’article complet est à lite (en anglais) sur Futurism: <a href="https://futurism.com/facebook-beauty-targeted-ads">Facebook Allegedly Detected When Teen Girls Deleted Selfies So It Could Serve Them Beauty Ads</a>.</p>

<p><a href="https://blog.byl.fr/tag:Facebook" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Facebook</span></a> <a href="https://blog.byl.fr/tag:Vautours" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Vautours</span></a> <a href="https://blog.byl.fr/tag:CapitalismeDeSurveillance" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">CapitalismeDeSurveillance</span></a> <a href="https://blog.byl.fr/tag:Surveillance" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Surveillance</span></a> <a href="https://blog.byl.fr/tag:Gafam" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Gafam</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blog.byl.fr/facebook-ou-la-monetisation-du-desespoir-et-de-linsecurite</guid>
      <pubDate>Mon, 12 May 2025 05:44:24 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Économie du partage : ils ont créé un monstre</title>
      <link>https://blog.byl.fr/economie-du-partage-ils-ont-cree-un-monstre</link>
      <description>&lt;![CDATA[Susan Fowler connaît  bien la Silicon Valley. Après avoir passé un an chez Uber, elle a démissionné et publié un article retentissant sur le sexisme et la &#34;bro culture&#34; qui régnaient au sein de l&#39;entreprise. Elle publie aujourd&#39;hui une tribune sur la gig economy \[1\],  également appelée hypocritement “économie du partage”, dont les start-up de la Silicon Valley sont les pourvoyeuses et les championnes les plus zélées.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;La gig economy applique les méthodes de l&#39;ingénierie logicielle au monde du travail : diviser en de multiples tâche une activité afin de la rationaliser au maximum. Elle se caractérise par le fait qu&#39;il n&#39;y a pas d&#39;emploi mais uniquement des tâches ultra-spécialisées : livrer un plat, effectuer une course, garder des animaux, etc. Elle doit son nom au mot &#34;gig&#34; qui veut dire concert, les musiciens étant payés à la tâche, au concert, et non dans le cadre d&#39;un contrat sur le long terme.&#xA;&#xA;La gig economy permet à des jeunes boutonneux sortis d&#39;école de commerce de se faire de la thune le cul sur une chaise à taper du code ou à remplir des tableurs excel pendant qu&#39;une armée de petites mains se crève le cul à pédaler pour aller livrer des plats chauds, qu&#39;il pleuve, qu&#39;il vente ou qu&#39;il neige, à des &#34;utilisateurs finaux&#34;, ces êtres étranges qui n&#39;ont plus le temps ou plus le \courage \de sortir pour acheter trois légumes et un bout de pain.&#xA;&#xA;Le véritable problème avec la  gig economy ce n&#39;est pas tellement qu&#39;elle crée des armées d&#39;obèses fainéants, c&#39;est surtout qu&#39;elle détruit des emplois classiques, chauffeurs, livreurs, ainsi que les systèmes de protection sociale et de mutualisation des risques qui va avec.&#xA;&#xA;Aux États Unis, on estime que 34% des emplois relèvent de la gig economy. Comme les américains sont toujours en avance d&#39;une connerie sur le vieux continent, on peut aisément imaginer que la part de petits boulots distribués par des plate-formes créées par des boutonneux d&#39;école de commerce ne va faire qu&#39;augmenter en France et en Europe dans les années à venir. Le nombre de cycliste deliveroo ou de chauffeur uber dans les rues des grandes villes de France en atteste :  la gig economy n&#39;est pas une mode, c&#39;est une tendance.&#xA;&#xA;Aujourd&#39;hui seuls les emplois peu qualifiés sont touchés. C&#39;est un problème de pauvre. Donc ça va. Si t&#39;as fait des études, pas de quoi flipper. Pourtant Susan Fowler nous avertit : si des ingénieurs sont capables de diviser en de multiples tâches un emploi de chauffeur ou de livreur pourquoi ne sauraient-ils pas le faire avec des emplois plus qualifiés tels que manager ou même développeur ?&#xA;&#xA;  The risk, we agreed, is that the gig economy will become the only economy.&#xA;    Le  risque est que l&#39;économie des petits boulots devienne la seule économie&#xA;&#xA;Dans une prise de conscience tardive, les boutonneux de la Silicon Valley s&#39;écrient donc en chœur avec Susan Fowler : &#34;Qu&#39;avons nous fait ? Nous a avons créé un monstre&#34;.&#xA;&#xA;Sans déconner.&#xA;&#xA;À lire : “What Have We Done?”: Silicon Valley Engineers Fear They&#39;ve Created a Monster | Vanity Fair_&#xA;&#xA;littéralement l&#39;économie des petits boulots&#xA;&#xA;#GigEconomy #Politique #Uber #Vautours]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Susan Fowler connaît  bien la Silicon Valley. Après avoir passé un an chez Uber, elle a démissionné et publié un <a href="https://www.susanjfowler.com/blog/2017/2/19/reflecting-on-one-very-strange-year-at-uber">article retentissant</a> sur le sexisme et la “bro culture” qui régnaient au sein de l&#39;entreprise. Elle publie aujourd&#39;hui <a href="https://www.vanityfair.com/news/2018/08/silicon-valley-engineers-fear-they-created-a-monster">une tribune sur la </a><em><a href="https://www.vanityfair.com/news/2018/08/silicon-valley-engineers-fear-they-created-a-monster">gig economy</a></em> <a href="#gig1">[1]</a>,  également appelée hypocritement “<a href="https://blog.barbayellow.com/2015/07/16/uber-lyft-airbnb-economie-du-partage-ou-economie-de-vautours/">économie du partage</a>”, dont les <em>start-up</em> de la Silicon Valley sont les pourvoyeuses et les championnes les plus zélées.</p>



<p>La <em>gig economy</em> applique les méthodes de l&#39;ingénierie logicielle au monde du travail : diviser en de multiples tâche une activité afin de la rationaliser au maximum. Elle se caractérise par le fait qu&#39;il n&#39;y a pas d&#39;emploi mais uniquement des tâches ultra-spécialisées : livrer un plat, effectuer une course, garder des animaux, etc. Elle doit son nom au mot “gig” qui veut dire concert, les musiciens étant payés à la tâche, au concert, et non dans le cadre d&#39;un contrat sur le long terme.</p>

<p>La <em>gig economy</em> permet à des jeunes boutonneux sortis d&#39;école de commerce de se faire de la thune le cul sur une chaise à taper du code ou à remplir des tableurs excel pendant qu&#39;une armée de petites mains se crève le cul à pédaler pour aller livrer des plats chauds, qu&#39;il pleuve, qu&#39;il vente ou qu&#39;il neige, à des “utilisateurs finaux”, ces êtres étranges qui n&#39;ont plus le temps ou plus le *courage *de sortir pour acheter trois légumes et un bout de pain.</p>

<p>Le véritable problème avec la  <em>gig economy</em> ce n&#39;est pas tellement qu&#39;elle crée des armées d&#39;obèses fainéants, c&#39;est surtout qu&#39;elle détruit des emplois classiques, chauffeurs, livreurs, ainsi que les systèmes de protection sociale et de mutualisation des risques qui va avec.</p>

<p>Aux États Unis, on estime que 34% des emplois relèvent de la <em>gig economy</em>. Comme les américains sont <a href="https://www.youtube.com/watch?v=m_K4gQKB6tM">toujours en avance d&#39;une connerie sur le vieux continent</a>, on peut aisément imaginer que la part de petits boulots distribués par des plate-formes créées par des boutonneux d&#39;école de commerce ne va faire qu&#39;augmenter en France et en Europe dans les années à venir. Le nombre de cycliste deliveroo ou de chauffeur uber dans les rues des grandes villes de France en atteste :  la <em>gig economy</em> n&#39;est pas une mode, c&#39;est une tendance.</p>

<p>Aujourd&#39;hui seuls les emplois peu qualifiés sont touchés. C&#39;est un problème de pauvre. Donc ça va. Si t&#39;as fait des études, pas de quoi flipper. Pourtant Susan Fowler nous avertit : si des ingénieurs sont capables de diviser en de multiples tâches un emploi de chauffeur ou de livreur pourquoi ne sauraient-ils pas le faire avec des emplois plus qualifiés tels que manager ou même développeur ?</p>

<blockquote><p>The risk, we agreed, is that the gig economy will become the <em>only</em> economy.</p>

<p>Le  risque est que l&#39;économie des petits boulots devienne la seule économie</p></blockquote>

<p>Dans une prise de conscience tardive, les boutonneux de la Silicon Valley s&#39;écrient donc en chœur avec Susan Fowler : “Qu&#39;avons nous fait ? Nous a avons créé un monstre”.</p>

<p>Sans déconner.</p>

<p>À lire : <em><a href="https://www.vanityfair.com/news/2018/08/silicon-valley-engineers-fear-they-created-a-monster">“What Have We Done?”: Silicon Valley Engineers Fear They&#39;ve Created a Monster | Vanity Fair</a></em></p>
<ol><li>littéralement l&#39;économie des petits boulots</li></ol>

<p><a href="https://blog.byl.fr/tag:GigEconomy" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">GigEconomy</span></a> <a href="https://blog.byl.fr/tag:Politique" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Politique</span></a> <a href="https://blog.byl.fr/tag:Uber" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Uber</span></a> <a href="https://blog.byl.fr/tag:Vautours" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Vautours</span></a></p>
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      <guid>https://blog.byl.fr/economie-du-partage-ils-ont-cree-un-monstre</guid>
      <pubDate>Sat, 18 Aug 2018 12:28:04 +0000</pubDate>
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